Dans deux départements distincts :
le Pas de Calais et le Lot et Garonne,
deux grands-mères vivent une situation identique, douloureuse et incompréhensible. Toutes deux ont une petite-fille placée
par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Toutes deux cherchent, depuis des mois,
à obtenir des nouvelles, à maintenir un lien,
à exercer ce droit élémentaire de savoir comment va un enfant de leur famille.
Et toutes deux se heurtent au même mur :
le silence institutionnel.
Des appels et des courriers sans réponse
Les démarches de ces grands-mères sont multiples et répétées.
Elles écrivent, elles téléphonent, elles insistent. Mais les mails restent sans réponse.
Les appels sont systématiquement renvoyés vers des secrétaires qui répètent que
« la personne n’est pas disponible ».
Dans un cas, le courrier recommandé n’a
même pas été distribué.
Pire encore : le numéro de téléphone de l’une d’elles a été volontairement bloqué par le service de l’ASE.
La Fédération, qui a pris en charge ces deux dossiers, a tenté d’appeler ce même numéro :
la ligne sonne, preuve que le blocage est ciblé.
Un mur institutionnel
Ces situations ne sont pas des cas isolés.
Elles révèlent un mécanisme plus large :
celui d’institutions qui, au lieu de dialoguer
avec les familles, choisissent
de se retrancher derrière le silence.
Que reste-t-il aux proches lorsqu’ils se retrouvent face à ce mur ?
Comment maintenir un lien familial quand l’administration refuse de répondre ?
Ces blocages ne sont pas seulement administratifs :
ils sont humains, car ils privent des enfants de nouvelles de leurs proches et des grands-parents de leur droit à l’information.
L’action de la Fédération
Face à cette impasse,
la Fédération Au cœur des causes a pris en main les deux dossiers.
Les directeurs départementaux ont été alertés. Des députés et des ministres ont été saisis.
Car il ne s’agit pas seulement de deux
histoires individuelles :
il s’agit d’un problème systémique.
Lorsque l’ASE choisit de ne pas répondre,
elle place les familles dans une détresse supplémentaire, ajoutant au traumatisme du placement celui du silence.
Une question de dignité et de droit
Le placement d’un enfant est une décision grave, qui doit toujours s’accompagner
de transparence et de communication
avec la famille.
Refuser de répondre aux appels,
bloquer un numéro,
ignorer des courriers recommandés :
ce sont des pratiques qui bafouent la dignité des familles et qui posent
une question fondamentale :
que devient le droit des proches
à être informés ?
Que devient l’intérêt supérieur de l’enfant,
censé guider toute décision ?